Par
Tiphaine Cailly
Bonjour les yogis ! Ici Tiphaine, quel plaisir de vous retrouver sur le blog.... enfin le voilà de retour !
Pour commencer j'aimerais vous parler de ce sujet très important, parce que vous pouvez vous trouver dans deux cas de figure :
- soit vous pratiquez le yoga et vous avez entendu quelqu'un vous dire "ah moi je ne peux pas je ne suis pas souple", et vous savez que le raisonnement est mauvais mais vous ne pouvez pas l'expliquer
- ou vous pensez cela vous mêmes et vous ne vous lancez pas,
Dans les deux cas, cet article va vous expliquer pourquoi le yoga est une aide précieuse pour. les personnes qui se disent "pas souples".
Imaginez un bébé, qui veut marcher, qui se lève pour la première fois et qui perd l'équilibre. Est-ce qu'il abandonne parce qu'il se dit : ah ce n'est pas pour moi je n'ai pas la force dans les jambes. NON ! Il insiste, il persévère et s'entraîne encore et encore et encore.
En disant je ne suis pas souple, on fait de l'auto-déterminisme.

Et si on disait : tiens, je ne suis pas souple, je vais faire du yoga pour m'assouplir.
La souplesse c'est dans la génétique ?
Oui... et non. Super, merci pour la réponse, direz vous ! Mais je vais vous expliquer le raisonnement. Il y a en effet des personnes qui seront naturellement plus souples que d'autres. Mais cela n'est pas irrémédiable et relève plus de état d'esprit.
Vous n'êtes pas souples - Si vous n'êtes pas du tout souple, et que la souplesse n'est pas dans vos gènes, alors le yoga est votre allié. Oui, quand vous pratiquerez, vous vous sentirez limités, empotés, mais le corps lui, il se sentira libéré ! Encore faudra-t-il vous lancer, sinon vous êtes dans cet auto-déterminisme dont nous avons parlé plus haut.
Et si nous laissions l'égo de côté un peu, pour penser à la santé ?
Vous êtes souples - Si vous êtes naturellement souple, c'est à dire que vous vous sentez plus ou moins à l'aise dans les postures de yoga, alors tant mieux ! Mais la tendance d'une personne souple va être de :
- soit se reposer sur ses acquis
- soit aller beaucoup trop loin beaucoup trop vite
Si vous n'êtes pas souples, et que vous ne pratiquez pas le yoga parce que vous n'êtes pas assez souples, c'est exactement pareil que si vous étiez malades et que disiez que vous n'allez pas chez le médecin parce que vous n'êtes pas assez malades.
Alors nooooon je ne vous dis pas que si vous manquez de souplesse vous êtes malades ! Mais c'est pour illustrer que. le raisonnement n'est pas tout à fait correct. Le yoga est votre médicament contre la raideur, le yoga est votre traitement contre le manque de souplesse. Le yoga est votre solution pour avoir un corps plus élastique.
Tous les corps peuvent s'assouplir peu importe la génétique. La seule chose que la génétique détermine, c'est comment vous allez vous sentir quand vous débutez, parce que si le gène souplesse est là, vous allez vous sentir comme le roi ou la reine du monde, et si le gène de la souplesse est absent, alors vous allez vous sentir dans l'inconfort. Pour renforcer les jambes, on fait des squats même quand ça brûle les cuisses. Pour assouplir les jambes, on fait des mouvements de yoga même si ça tire (un peu, soyons raisonnables!).
Souplesse - les hommes et les femmes sont-ils égaux ?
Les femmes sont généralement plus souples que les hommes. C'est une question d'hormones. D'ailleurs, il est même essentiel pour les femmes enceinte d'être plus vigilantes quant à leurs étirements. C'est toujours une questions d'hormones, plus particulièrement de la relaxine, qui est sécrétée par le corps des femmes. Enceinte ou non, cette hormone est présente dans le corps et ses niveaux fluctuent en fonction du cycle menstruel.
Les muscles enraidis par notre mode de vie ?
Notre mode de vie a un impact important dans les capacités du corps. La sédentarité nous enraidit. Le corps est en constante adaptation, il recherche une chose : le confort. Quand vous travaillez toute la journée à votre bureau, le corps va créer ce qu'il faut que pour cette position soit donc "confortable". Mais ça ne fonctionne pas, et les douleurs de dos s'installent. Parfois, nous ressentons des douleurs dans les épaules, dans la cage thoracique... le manque d'activité physique se traduit par de nombreux maux.
Dans le pire des cas, vous irez voir votre médecin qui vous prescrira des anti-douleurs. Dans le meilleur des cas, vous déciderez de prendre les choses en main et vous rechercherez un cours de yoga.
Manquer de souplesse n'est pas votre destin, c'est quelque chose qu'il est possible de changer, encore faut-il en avoir la volonté et comprendre les implications que la raideur a sur la santé.
Nous parlons souvent de muscles enraidis, mais c'est bien plus complexe que cela !

Au delà de nos muscles qui nous donnent des sensations de raideur, nous pouvons aussi mentionner d'autres parties du corps : les ligaments, les tendons, les articulations, les fascias, et les nerfs, notamment.
J'ai une anecdote pour vous. La semaine dernière je m'étirais, et bizarrement, je n'arrivais pas à avoir la même amplitude entre la droite et la gauche. A droite, c'était un peu plus bloqué. Pawel m'a dit : le placenta est à gauche n'est-ce-pas ? Appuie un peu dessus et essaye à nouveau. Et comme par magie, l'amplitude était revenue !
Tout cela pour vous dire que le corps est très complexe. Ce phénomène décrit dans l'anecdote peut se reproduire avec une cicatrice, avec un organe qui nous embête un peu, avec des lésions. Le corps est un tout qui communique et quand la souplesse est en jeu, il ne s'agit pas seulement de mettre son manque dans la raideur des muscles. Les fascias par exemple, sont des tissus conjonctifs qui relient le corps tout entier, du dessus de la tête jusqu'aux pieds.
Les nerfs traversent notre corps, y compris nos muscles. Au même titre que les muscles sont étirés, les nerfs eux aussi se retrouvent étirés lorsque nous bougeons d'une asana vers une autre.
Une tension dans votre pied peut affecter un étirement des cervicales et vice-versa. Nous sommes un ensemble complexe. Le yoga, de par sa variété, nous permet de travailler le renforcement, l'étirement actif, l'étirement passif, la mobilité... C'est donc bien plus qu'une simple questions de muscles souples.
Une question de temps ?
Plus qu'une question de temps, c'est une question de régularité. Si vous vous lancez intensément parce que vous avez un élan de motivation, et que vous faites 60 minutes d'étirements intensifs tous les 3 mois, vous tirerez beaucoup moins de bénéfices que si vous prenez 5 minutes tous les matins pour faire quelques salutations au soleil. Le corps est en constante adaptation. Il travaille en fonction des contraintes que nous lui imposons. S'il n'est pas sollicité, les fascias prennent leur place dans une position et il devient difficile de bouger.
Il y a un aspect pour lequel on peut dire que c'est une question de temps : au début, ce sera peut-être déplaisant. En tout cas, pendant la pratique, mais les ressentis juste après seront si positifs que la motivation d'y retourner grandira. Finalement, c'est comme toutes les bonnes choses : il faut s'y habituer et passer par une phase d'initiation.
Il arrive un moment, après quelques semaines de pratique, où c'est le corps qui demande le mouvement. Soudain nous sentons que si nous prenions 10 minutes pour faire du yoga, le corps et la tête se sentiraient mieux.
En conclusion, le manque de souplesse justifie de commencer la pratique du yoga plus qu'il ne justifie le fait que l'on ne veut pas se lancer. C'est souvent l'égo qui parle, et qui refuse le défi avant d'avoir tenté, parce que le sentiment d'échec est bien présent quand on voit son prof faire quelque chose que l'on n'arrive pas à faire. Mais le prof a des années et des années de pratique à son actif. Peut-être même que le prof, à l'origine, n'était pas souple !

